Les blessures aux ischio-jambiers sont un fléau dans le monde du sport, représentant jusqu'à 12 % des blessures musculo-squelettiques rapportées chez les athlètes professionnels. De plus, les atteintes au niveau des adducteurs restent une préoccupation récurrente pour de nombreux sportifs, altérant leur performance et augmentant potentiellement leurs périodes d'absence. Une intervention prometteuse, l'Exercice d'Adduction de Copenhague (CAE), suscite de l'intérêt pour son potentiel à la fois dans l'amélioration des performances athlétiques et dans la prévention des blessures musculaires.
L'Exercice d'Adduction de Copenhague a attiré l'attention suite à plusieurs campagnes de prévention des blessures ciblées sur les sportifs à risque, notamment dans le football et les sports d'équipe. Son efficacité rapportée pour renforcer les muscles adducteurs et potentiellement réduire l'incidence des blessures a été explorée dans des études récentes. La pertinence du CAE réside dans sa capacité à renforcer spécifiquement les muscles adducteurs, souvent négligés dans les programmes traditionnels de renforcement. Cependant, les questions persistent quant à la solidité des preuves soutenant son utilisation isolée ou intégrée dans des programmes de conditionnement physique complets.
Quintana-Cepedal et al. ont mené une revue systématique et une méta-analyse pour évaluer l’impact du CAE sur la performance et la prévention des blessures
D'autres études ont découvert que l'incorporation du CAE dans des routines d'entraînement régulières pourrait potentiellement diminuer le taux de blessure aux adducteurs
L'application efficace du CAE nécessite une intégration réfléchie dans un programme de conditionnement global. Ce n'est pas un exercice miracle, mais il est particulièrement pertinent pour les sportifs pratiquant des sports d'agilité où les risques de sollicitations excessives des adducteurs persistent. Les entraîneurs peuvent adapter l'intensité et la fréquence du CAE en fonction des besoins individuels et des saisons sportives.
De plus, le CAE doit être considéré comme un élément d’un programme de prévention multimodal, incorporant d'autres aspects du renforcement musculaire et de la flexibilité, plutôt que comme une solution isolée.
Malgré les promesses du CAE, les preuves actuelles présentent des limitations notables. Les études incluses varient en taille d'échantillon, ce qui limite la généralisation des résultats. De plus, le manque de mesures objectives standardisées pour évaluer la réduction absolue du risque de blessure empêche une compréhension complète de son efficacité (Niveau de preuve : modéré).
Il est essentiel que les praticiens évitent l'adoption hâtive de nouvelles recommandations basées sur des preuves non définitives. La précision et la personnalisation des protocoles d'entraînement restent centrales pour maximiser les bénéfices tout en minimisant les risques.
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